"On devrait toujours être légèrement improbable" Oscar Wilde.

mardi 14 juillet 2009

Pour Linda...


Allez savoir comment j'en arrive à vous parler de Linda Lovelace alors que je comptais faire un post sur Les Chaussons Rouges de Mickael Powell...! Difficile de trouver un rapport entre ce grand film où chaque plan, chaque image est d'une beauté à couper le souffle et la star éphémère du film pornographique le plus rentable de toute l'histoire du cinéma (600 millions de dollars) !!! Peut-être une certaine idée du drame puisque dans les deux cas, nos héroïnes disparaissent tragiquement. Vicki Page (interprétée par Moira Shearer) d'avoir trop dansé mais c'est une fiction, Linda Lovelace des suites d'un accident de voiture (avril 2002) et c'est pour de vrai. Le corps aussi, est certainement un point tout à la fois commun et antagoniste. Le corps de Vicki la danseuse est rompu aux excercices quotidiens, il est l'instrument qu'elle doit soumettre à l'expression artistique. Tant de douleurs pour donner l'illusion de la facilité, de la légèreté...Le corps de Linda est quand à lui soumis au désir, au plaisir. Il ne semble pas être question de douleurs ici, pas question non plus de contraintes, apparemment mais, tout au contraire, de liberté.
Ma découverte de Linda Lovelace, je la dois à un documentaire: Inside Deep Throat (de Fenton Bailey et Randy Narbato). Ce film retrace "l'odyssée du film Gorge Profonde". C'est un documentaire qui certes parle de sexe (et le montre aussi parfois) mais ce n'est pas tout: il nous plonge en pleine révolution sexuelle (fin des années 60, début des années 70), il nous parle politique, économie, mafia, il nous parle de l' Amérique et de toutes ses contradictions, de puritanisme, de censure, de liberté individuelle...et de cinéma. Ce documentaire est formidable puisqu'il va au-delà de son sujet tout en ne le perdant jamais de vue. Je précise, afin de prévenir toute déception éventuelle, qu' Inside Deep Throat ne s'adresse pas aux amateurs de pornographie (même si certaines images pourront en émoustiller plus d'un) mais plutôt à celles et ceux qui aiment aborder la "Grande Histoire" par le biais de la "Petite Histoire". A celles et ceux qui s'intéressent à l'évolution de notre société (et de notre sexualité) et à l'évolution de notre tolérance à l'égard de certaines images.
Linda est "absente" du documentaire (il est sorti en 2005), on ne la voit qu'au travers d'archives. C'est parce qu'elle m'a touché que j'ai voulu écrire ce post et je me rends compte, maintenant qu'il est temps pour moi de rentrer dans le "vif" de mon sujet, que la tache est ardue. J' aimerai ne pas faire de psychologie à 3 francs 6 sous, ni de misérabilisme matiné d' une certaine forme de moralisme qui ne dirait pas son nom... Je me lance quand même:
Si vous regardez le documentaire, vous verrez qu'après avoir été une icône de la liberté sexuelle, elle est devenue une ardente combattante de la pornographie pour enfin, à 50 ans, refaire des photos de charmes. A chaque fois que je l'ai vu apparaître à l'écran, j'ai eu l'impression de voir une petite fille perdue. Elle sourit beaucoup Linda Lovelace et son sourire est magnifique. Une phrase de Gerard Damiano (réalisateur de "Gorge Profonde") m'a frappé par ce qui est, je crois, d'une grande justesse (et, dans sa bouche, un mélange de condescendance et de paternalisme). Il dit, à propos de son actrice et à peu de choses près: "Linda était contente quand on lui disait ce qu'elle avait à faire et elle a été très contente de faire ce film". Je crois en effet que Linda Boreman (véritable nom de Linda Lovelace) aimait faire plaisir et que sa performance (le film a failli s'appeler "L' Avaleuse de Sabres"...) est l'image parfaite de ce total don de soi. J' espère qu'elle aussi aura été comblée...

A demain !

Votre Rose.

2 commentaires:

  1. Merci pour ton adorable comm' et longue vie à ton blog tout neuf.

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  2. Merci indispensable écuyère...
    A bientôt !

    Rose

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